Rénovation d'hôtel face au Mont Blanc, écoquartier, réhabilitation de maison de maître, bureaux d'innovation : les Pyramides 2026 célèbrent la diversité et la qualité de l'immobilier neuf en région Alpes. Neuf récompenses pour autant de succès.
Une soirée de mobilisation pour la production de logements neufs dans les Alpes
C'est à l'Espace Malraux, scène nationale de Chambéry, que la FPI Alpes a révélé son palmarès. Une 23e édition marquée par un constat unanime des acteurs présents : aménageurs, architectes, promoteurs, élus : dans l'arc alpin, la crise du logement continue de peser et de fragiliser les ménages.
Vincent Davy, président de la FPI Alpes, a donné le ton en ouverture : « Les Pyramides d'Argent sont bien plus qu'un concours. Elles démontrent l'engagement de la promotion privée auprès des collectivités qui accueillent de nouvelles familles, ainsi que le savoir-faire de nos collaborateurs. Il reste désormais à trouver le pouvoir d'agir, ensemble. »
Face à ce constat, Davy a présenté quatre priorités urgentes pour le Projet de loi de finances 2027 :
- ajuster le statut du bailleur privé en intégrant les maisons individuelles,
- soutenir les « maires bâtisseurs » par un fléchage de TVA vers les communes engagées,
- réviser les critères du HCSF pour faciliter l'accès au crédit des ménages stables,
- et engager un véritable choc de simplification en réduisant délais et recours.
Un facteur clé pour la promotion immobilière : la confiance du maire
Parmi les 44 candidatures reçues, un chiffre raconte tout. Le Grand Prix régional, remporté par Le Domaine des Belles Pierres à Voiron par Gilles Trignat Résidences, a été réalisé sans un seul recours. Gilles Trignat, son promoteur, n'a pas hésité à le souligner sur scène : « Le maire de Voiron nous a fait confiance et cela fait toute la différence. Nous parlons de 278 logements et nous n'avons pas un seul recours ! »
Le contraste est saisissant. La Frégate de Thonon-les-Bains, Prix de la qualité globale, a patienté 21 mois après des recours avant de livrer ses 16 logements. Le Clos Bel-Ami à Divonne-les-Bains (Prix de la mixité énergétique) a connu un refus de permis, puis un recours. Villa Orchez à Thyez elle-même n'a pas été épargnée.
C'est dire si les recours « systémiques » sont devenus un enjeu majeur. Les vice-présidents des trois principaux conseils régionaux ont uni leurs voix pour le dénoncer lors de leur montée sur scène pour recevoir leur prix : Olivier Gallais (Savoie), Jean-Luc D'Aura (Haute-Savoie) et Gilles Trignat (Isère). Leur argument : toute personne ayant déposé un recours à l'encontre d'un projet collectif ne s'expose pas au paiement de pénalités, même lorsque celui-ci est finalement rejeté. Pourtant, chaque recours entraîne des dépenses, du temps perdu et des coûts supplémentaires répercutés sur les ménages en attente d'un logement.
La confiance des élus chambériens envers les promoteurs
Laura Khirani, adjointe au maire de Chambéry et présidente du jury en charge de la Transition écologique, a guidé un choix symbolique : la création d'un premier prix coup de cœur du jury, remis à Au Cœur des Prés à Combloux (Care Promotion). Elle a signé cette confiance en quelques mots : « J'ai pu apprécier la qualité architecturale et paysagère des projets, le soin apporté au cadre de vie et au confort des usagers : nous pouvons faire confiance à la promotion immobilière. »
Gaëtan Pauchet, adjoint au maire de Chambéry en charge du logement, a complété cette vision en assurant que la Ville ne jouerait « ni la politique du frein à main, ni la surenchère normative », saluant les ateliers d'urbanisme comme moyen de réduire les recours par le dialogue.
David Miet : redécouvrir la légitimité de construire
Un moment marquant de la soirée : la conférence de David Miet, urbaniste et cofondateur de Villes Vivantes. Avec statistiques et arguments géopolitiques à l'appui, il a plaidé pour redécouvrir la légitimité de l'acte de construire. Son premier slide percutant ? « Le logement n'est pas une priorité ! », une provocation pour mieux montrer combien ce devrait l'être.
David Miet a dénoncé le coût réel du « ne rien faire » : impact sur les jeunes, l'emploi, l'industrie, fragilisées par la crise du logement elle-même : « Quand nous refusons le changement nécessaire, c'est bien le changement qui vient à nous, trop souvent brutalement. »
Le palmarès 2026 : réhabilitation, innovation, ambition
De l'Isère à la Haute-Savoie, le palmarès 2026 déploie une diversité remarquable de réponses face aux enjeux du logement alpin. Au sommet, Le Domaine des Belles Pierres à Voiron (Gilles Trignat Résidences) : 278 logements répartis sur 8 bâtiments, 18 000 m² de surface de plancher et 3 commerces, mixte entre accession libre et logements sociaux. Un projet de renouvellement urbain d'une ancien pôle industriel, dont la réussite tient à la confiance du maire et à l'absence de recours.
La diversité demande aussi de l'innovation matérielle. La Frégate à Thonon-les-Bains (Imaprim, 16 logements) déploie une façade biosourcée composée à 80 % de granulats de bois fabriqués localement en Haute-Savoie : un bilan carbone négatif couronnant l'approche. Icône à Ambilly (Bouygues Immobilier, 50 logements + 5 commerces) incarne l'écoquartier L'Étoile avec sa structure mixte bois-béton et ses toitures-terrasses végétalisées, certifié RE2020 seuil 2025 et NF Habitat HQE.
Mais la production alpine ne se limite pas au neuf. Le Domaine de Férédie à Claix (Edifim, 40 logements) conjugue 30 logements neufs et la réhabilitation patrimoniale de la Maison de maître Férédie en 10 logements en accession. Son architecte Jean-Noël Scrittori ne le cache pas : « La réhabilitation coûte cher, plus cher que la construction neuve », mais elle permet ici de glisser la résidence entre les arbres du parc sans en rompre l'équilibre.
Au Cœur des Prés à Combloux (Care Promotion, 21 logements de tourisme) pousse plus loin : cet ancien hôtel transformé en 82 couchages : plus du double de la capacité d'origine, démontre qu'il est possible de préserver l'enveloppe historique plutôt que de démolir, tout en passant de l'étiquette énergétique G à C.
L'immobilier d'entreprise ne reste pas en marge. L'Impulsion à Meylan (Gilles Trignat Résidences, 5 307 m²) propose au cœur du pôle d'innovation Inovallée des espaces modulables conçus pour s'adapter aux nouveaux modes de travail, deux terrasses privatives et une terrasse commune pour favoriser la collaboration.
Enfin, Villa Orchez à Thyez (Imotis, 30 logements) remporte deux récompenses en une : la conduite responsable des opérations et l'économie circulaire, signe qu'une approche intégrée peut conjuguer excellence gestionnaire et circularité des matériaux.
Le Clos Bel-Ami à Divonne-les-Bains (Sully Immobilier, 16 logements) marie mixité résidentielle (7 sociaux et 9 en accession) et ingénierie énergétique novatrice avec son système hybride pompe à chaleur et chaudière gaz.
Neuf Pyramides remises pour autant de programmes qui refusent l'immobilisme. Les lauréats auront maintenant l'opportunité de concourir au niveau national pour les Pyramides d'Or, couronnement de l'excellence immobilière française.














