En pleine période de déclaration des revenus 2026, la Chambre des notaires de Paris met en garde contre des erreurs fréquentes liées au patrimoine. Souvent techniques, elles concernent principalement l’immobilier, les sociétés civiles et les actifs internationaux. Mal maîtrisées, elles peuvent entraîner des redressements fiscaux et des pénalités significatives.
1. Bien évaluer son patrimoine immobilier pour l’IFI
Premier point de vigilance : l’Impôt sur la Fortune Immobilière, IFI, basé sur la valeur vénale des biens au 1er janvier. De nombreux contribuables commettent des erreurs d’évaluation, en sous-estimant ou surestimant leurs actifs.
Sont fréquemment oubliés : parkings, dépendances ou parts de SCI. Autre erreur courante : l’application de décotes injustifiées (occupation, indivision). Les notaires rappellent que l’administration fiscale croise systématiquement les données entre IFI, successions, donations et ventes immobilières.
2. Déclarer correctement les plus-values immobilières
Deuxième conseil : ne pas négliger le traitement des plus-values immobilières. Lors de la vente d’un bien, hors résidence principale, la plus-value est déjà taxée au moment de la cession.
Cependant, elle doit être reportée dans la déclaration complémentaire 2042 C, case 3VZ, car elle entre dans le calcul du revenu fiscal de référence. Une omission peut fausser l’évaluation globale de la situation fiscale du contribuable.
3. SCI : attention aux erreurs de déclaration des parts
Les détenteurs de parts de sociétés civiles immobilières, SCI sont particulièrement exposés aux erreurs déclaratives. Les notaires constatent régulièrement :
• des oublis de déclaration des parts à l’IFI
• des confusions entre valeur des parts et valeur des biens détenus
• une répartition incorrecte entre associés
La fiscalité varie également selon le régime de la SCI : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés, ce qui influence directement les obligations déclaratives.
4. Ne pas oublier les biens détenus à l’étranger
Avec l’internationalisation des patrimoines, les omissions de biens situés hors de France sont fréquentes. Comptes bancaires, assurances-vie ou immobilier à l’étranger peuvent être oubliés ou mal déclarés.
Les notaires alertent sur une méconnaissance fréquente des conventions fiscales internationales et des règles applicables aux impatriés. Ces erreurs constituent un facteur majeur de redressement en cas de contrôle fiscal.
5. Anticiper sa déclaration grâce à un bilan patrimonial
Dernier conseil et non des moindres, les professionnels du notariat insistent sur la nécessité d’anticiper. Un bilan patrimonial régulier permet de sécuriser ses déclarations et d’optimiser les opérations futures : vente, donation ou transmission.
Face à la complexité croissante des règles fiscales, la rigueur et l’anticipation demeurent en effet les meilleurs alliés des contribuables afin de limiter les risques de contentieux avec le fisc.

