Le logement neuf poursuit sa descente aux enfers. Au premier semestre 2026, les réservations passent pour la première fois sous les 40 000 unités. Pour la Fédération des promoteurs immobiliers, FPI, quelques signes pourraient toutefois laisser espérer un sursaut. Mais le marché peut-il encore attendre ?
Logement neuf : moins de 40 000 ventes au premier semestre
Le seuil symbolique est franchi. Avec seulement 38 932 réservations au premier semestre 2026, le logement neuf recule de 18,3 % sur un an, après trois années déjà marquées par une activité historiquement faible. Au deuxième trimestre, la chute atteint même 23,6 %.
Le décrochage est particulièrement violent du côté des ventes en bloc, avec 9 810 logements réservés sur six mois, soit - 37 %. Un segment qui ne joue donc plus son traditionnel rôle de soutien à la production lorsque les particuliers se retirent.
Ces derniers ne sont d'ailleurs pas épargnés : les ventes aux particuliers diminuent de 9,7 %, à 25 422 logements. Les propriétaires occupants concentrent la baisse, avec - 16,8 %, tandis que les investisseurs particuliers progressent de 19,4 %, à 6 573 ventes. Une embellie encore très relative puisque ces investisseurs ne représentent que 26 % des ventes aux particuliers.
Promoteurs immobiliers : l'attentisme devient la règle
Le problème ne se situe pas uniquement du côté de la demande. Les promoteurs limitent aussi leurs lancements. 32 483 logements ont été mis en vente sur six mois, soit 12,9 % de moins qu'un an auparavant.
Même la baisse des retraits de commercialisation ne constitue pas vraiment une bonne nouvelle. Leur part tombe à 14 % au deuxième trimestre 2026, contre 22 % au premier trimestre, mais elle n'était que de 3 % au premier trimestre 2022, avant le début de la crise. Cette évolution traduit surtout le faible nombre de nouvelles opérations engagées. Résultat : l'offre commerciale continue de s'écouler très lentement, avec plus de 21 mois de stock en moyenne. A Grenoble, le délai atteint même 50 mois.
Prix du neuf : toujours plus de 5 000 €/m²
Dans ce marché sinistré, les prix des logements collectifs neufs vendus aux particuliers ne baissent pas franchement. Ils se stabilisent à 5 034 €/m² au deuxième trimestre 2026, en moyenne nationale. Une stabilité qui reste trompeuse, car les contraintes de production demeurent lourdes : réglementation, fiscalité, autorisations et coûts de construction continuent de peser sur les opérations.
La FPI mise sur le retour du logement dans le débat politique
La Fédération veut pourtant voir dans la rentrée un motif d'espoir. Le logement a retrouvé une place dans le débat présidentiel, notamment lors de La REF du Medef le 27 août. Statut du bailleur privé et simplification des règles de construction ont notamment été évoqués par les candidats.
Pascal Boulanger, président de la FPI, veut donc y croire : « Mais il y a péril en la demeure. Les Français et l’économie française ne peuvent pas attendre. » La FPI réclame notamment un renforcement du statut du bailleur privé. Reste une question : le neuf peut-il réellement attendre jusqu'à la prochaine présidentielle pour éventuellement retrouver de l'oxygène ?
Les chiffres clés du logement neuf en France au 1er semestre 2026
| Indicateur – S1 2026 | Résultat | Évolution sur un an |
A retenir |
|---|---|---|---|
| Réservations totales | 38 932 logements | -18,3 % | Pour la première fois, les ventes passent sous le seuil des 40 000 unités sur un semestre. |
| Ventes aux particuliers | 25 422 logements | -9,7 % | Le marché des acquéreurs particuliers continue de décrocher. |
| Ventes aux propriétaires occupants | 18 849 logements | -16,8 % | Le segment le plus pénalisé parmi les particuliers. |
| Ventes aux investisseurs particuliers | 6 573 logements | +19,4 % | Seule évolution franchement positive, mais sur un volume encore faible. |
| Ventes en bloc | 9 810 logements | -37 % | Effondrement du principal soutien contracyclique à la production neuve. |
| Mises en vente | 32 483 logements | -12,9 % | Les promoteurs limitent les lancements face à la faiblesse de la demande. |
| Logements retirés de la commercialisation | 14 % au T2 2026 | 22 % au T1 2026 | Un niveau élevé qui entraine un fort recul du nombre de nouveaux programmes mis en chantier. |
| Délai d’écoulement du stock | 21.4 mois | 18.3 mois | Le stock disponible reste particulièrement élevé ; jusqu’à 50 mois à Grenoble. |
| Prix moyen du collectif neuf au détail à fin juin 2026 | 5 034 €/m² | 5 127 €/m² | Moyenne nationale, avec de fortes disparités selon les territoires. |
Source : Observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), résultats du 2e trimestre 2026 et cumul du 1er semestre 2026.






