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Edition du 07/09/2026

SIBCA 2026 : construire bas carbone, oui. Mais comment à grande échelle ?

Pour sa 5e édition, le SIBCA a confirmé la montée en puissance des solutions concrètes pour décarboner le bâtiment.
Pour sa 5e édition, le SIBCA a confirmé la montée en puissance des solutions concrètes pour décarboner le bâtiment.@Sylvain Renard

Le bas carbone est déjà inscrit dans les règles de construction. Mais comment aller plus loin ? Cinq ans après sa création, le SIBCA 2026 a permis de montrer comment améliorer et déployer ces pratiques : réemploi, bois, économie circulaire, résilience et confort climatique.

Construire bas carbone, oui. Mais comment faire à grande échelle ? Pour sa cinquième édition, le SIBCA a réuni plus de 15 000 professionnels autour des solutions qui transforment déjà les bâtiments et les quartiers. Du bois au réemploi, de la pompe à chaleur à la résilience climatique, le secteur ne cherche plus seulement des idées : il apprend désormais à les déployer.

Au SIBCA, le bas carbone se voit désormais partout

Il y a cinq ans, le Salon de l’Immobilier Bas Carbone réunissait quelques pionniers venus expliquer pourquoi il fallait changer la manière de construire. En 2026, le décor a changé. Du 1er au 3 septembre, le Grand Palais à Paris a accueilli 15 257 visiteurs professionnels, soit 20 % de plus qu’un an auparavant, près de 200 exposants et 522 intervenants.
Et il suffisait de parcourir les allées pour mesurer cette évolution. Aux côtés des promoteurs et aménageurs, les fabricants de fenêtres, ascensoristes, bureaux d’ingénierie, maîtres d’œuvre, spécialistes des façades, constructeurs bois ou acteurs du réemploi étaient venus présenter des solutions très concrètes.
« Au début, il y avait quelques pionniers. Aujourd'hui, c'est le salon de tous », résume, dans notre interview, Férielle Deriche, directrice du SIBCA. Une évolution également visible dans le palmarès des Trophées BBCA. Nexity conserve pour la huitième année consécutive sa place de premier promoteur bas carbone de France. Mais les récompenses mettent surtout en lumière une diversité croissante de réponses.

Construire autrement, mais aussi transformer l’existant

A Rueil-Malmaison, la résidence Stellata du groupe Altarea, Grand Prix BBCA Résidentiel Neuf 2026, illustre cette nouvelle génération de logements. Sa structure en bois massif mobilise 1 585 m³ de bois et permet de stocker environ 1 100 tonnes de CO₂e sur la durée de vie du bâtiment. La préfabrication contribue également à limiter les transports : 44 camions ont été nécessaires, contre 280 pour une construction comparable en béton.
Autre exemple, autre échelle : à Cormeilles-en-Parisis, le Grand Prix BBCA Quartier distingue Seine Parisii de Bouygues Immobilier, un projet de reconversion d’une ancienne cimenterie Lafarge de 12 hectares. A terme, le quartier accueillera logements, commerces, espaces verts et une marina en bord de Seine.
Deux projets très différents, mais une même logique : réduire l’empreinte environnementale en repensant la manière de construire et d’aménager la ville.

L’économie circulaire veut sortir du mode expérimental

C’est l’un des enseignements majeurs de cette édition : le réemploi et l’économie circulaire ne veulent plus être réservés à quelques opérations exemplaires.
Le SIBCA leur a consacré cette année un pavillon spécifique, avec notamment le lancement d’une charte d’engagement réunissant scientifiques, architectes, constructeurs et promoteurs. Icade et La Poste Immobilier ont également présenté des fiches méthodologiques destinées aux maîtres d’ouvrage pour faciliter le passage à l’acte.

Vincent Jeanbrun au SIBCA 2026
Les représentants de l’OID et du Plan Bâtiment Durable ont profité du SIBCA pour échanger avec Vincent Jeanbrun, ministre du Logement. @Sylvain Renard
L’enjeu est considérable. Car pour changer d’échelle, il ne suffit pas de montrer qu’un matériau peut être réemployé ou qu’un bâtiment peut être conçu autrement. Il faut surtout donner aux professionnels les méthodes pour reproduire ces solutions, opération après opération.
Sur les stands, les solutions se multipliaient ainsi à chaque étape du projet : fenêtres, façades, ingénierie, matériaux biosourcés, ascenseurs… Exemple avec Spurgin qui présentait ainsi ses murs porteurs en béton de bois et ses systèmes en bois et paille. De quoi rappeler que le bas carbone repose moins sur une solution miracle que sur l’addition de choix.

Après le carbone, la question de la chaleur dans les bâtiments

Autre sujet devenu impossible à ignorer : le confort climatique, d’autant plus sous les verrières d’un Grand Palais transformé en serre en ce début septembre. Après les épisodes de fortes chaleurs de l’été 2026, le bâtiment bas carbone doit désormais composer avec une autre exigence : rester vivable lorsque les températures s’envolent.
Au SIBCA, la résilience climatique a ainsi occupé une place croissante à l’image de l’Observatoire de l’Immobilier Durable, OID qui lui a consacré un brief. Biodiversité, eau, sols, adaptation des bâtiments et confort d’été viennent désormais compléter la seule question des émissions de carbone.
Altarea a d’ailleurs profité du salon pour annoncer la généralisation d’une solution de « climatisation responsable » dans les nouveaux logements Cogedim, associée à une conception bioclimatique, des pompes à chaleur réversibles, des brasseurs d’air...
Cette évolution pose une question de fond : comment concilier sobriété énergétique et confort d’été dans un contexte où les canicules deviennent plus fréquentes ? Mais aussi comment adapter les bâtiments et les quartiers aux risques climatiques ? Le lancement de l’application UCIX Standard, outil d’anticipation des risques sur les bâtiments, illustre cette nouvelle approche.

Le véritable défi : passer de l’exemple à la norme

La normalisation, c’est finalement le fil rouge de cette cinquième édition. Les solutions existent et elles sont de plus en plus nombreuses. Il faut maintenant les rendre accessibles, reproductibles et économiquement viables.
Le changement concerne aussi les mentalités. « Ce qui a changé, c'est que nous avons compris. Nous savons désormais comment faire du bas carbone ou du décarboné. Et nous avons envie d'agir collectivement », observe Férielle Deriche.
Avec plus de 400 élus présents et la venue du ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le SIBCA 2026 a aussi montré que le sujet dépasse désormais largement le cercle des professionnels convaincus. Après cinq éditions, le salon semble donc avoir franchi une étape : il ne s’agit plus de convaincre que l’immobilier doit se décarboner, mais de trouver comment généraliser les solutions qui fonctionnent déjà.


Par Céline Coletto

Tags immobilier neuf | logement neuf | immobilier bas carbone | SIBCA | SIBCA 2026 | Férielle Deriche | OID | Altarea |

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