Le logement neuf reprend-il enfin des couleurs ? Après des années de ralentissement, la construction de logements montre enfin quelques signes de reprise. En juillet 2026, les chantiers accélèrent nettement. Mais les permis de construire, eux, restent à la peine. De quoi entretenir l’espoir sans encore parler de véritable retournement.
Les chantiers de logements neufs repartent à la hausse
C’est la bonne nouvelle de l’été immobilier. Selon les chiffres du SDES publiés par le ministère du Logement, 27 677 logements auraient été mis en chantier en juillet 2026, soit 8,9 % de plus qu’en juin. La progression concerne particulièrement le collectif, dont les ouvertures de chantier bondissent de 11 %.
Sur les sept premiers mois de 2026, la moyenne mensuelle des mises en chantier dépasse même de 22,1 % celle enregistrée en 2025. Le contraste avec les années précédentes est saisissant : après un point haut à 33 500 logements en juillet 2021, le niveau était progressivement tombé à 21 700 en juillet 2025.
Des permis de construire encore trop peu nombreux
Le redémarrage reste toutefois fragile. En juillet, 29 577 logements ont été autorisés, soit 2,5 % de moins qu’en juin. Sur douze mois, 370 673 logements ont obtenu leur autorisation, un volume encore inférieur de 9,5 % à la moyenne des cinq dernières années.
La comparaison avec 2022 permet de mesurer le chemin parcouru : cette année-là, le niveau atteignait encore 40 700 logements autorisés sur un mois. La construction neuve reste donc loin de ses standards d’avant-crise. Parcourir davantage - Comment obtenir un permis de construire ?
Appartement neuf : le collectif tire la reprise
Autre bonne nouvelle : le logement collectif constitue le principal moteur de l’embellie. Les mises en chantier progressent de 11 % en juillet, mais demeure particulièrement faible, à 144 461 logements, soit - 12,2 % sur un an. Dans le même temps, les autorisations atteignent 17 678 logements, mais reculent de 4,2 % sur un mois.
L’individuel résiste toutefois : les autorisations sont quasiment stables : + 0,1 %, à 11 899 logements autorisés en juillet. Sur douze mois, elles restent néanmoins 15,2 % sous leur moyenne des cinq dernières années.
Où construit-on le plus ?
L’immobilier neuf en Ile-de-France concentre plusieurs des dynamiques les plus favorables. Le Val-de-Marne se distingue avec 13 800 logements autorisés sur les douze derniers mois, soit le volume le plus élevé du classement, en hausse de 36,8 % sur un an. La Seine-Saint-Denis affiche également une forte progression : + 43,2 %, avec 12 000 logements autorisés. Une accélération francilienne qui contraste avec la situation de la Gironde : avec 10 900 logements autorisés, le département voit encore les permis reculer de 20,9 % sur un an.
Côté mises en chantier, le Val-de-Marne confirme son dynamisme avec 10 500 logements commencés : + 44 %. L'immobilier neuf dans les Hauts-de-Seine enregistrent même une spectaculaire hausse de 70,2 %, pour 9 700 logements.
Les promoteurs de la FPI appelle à la prudence
Cette embellie des mises en chantier ne suffit toutefois pas à rassurer les professionnels. La Fédération des Promoteurs Immobiliers, FPI appelle à ne pas tirer de conclusions trop rapides : « La progression des mises en chantier constitue un signal positif, mais elle intervient après une période de très forte contraction et ne suffit pas, à ce stade, à inverser une tendance de fond qui demeure profondément dégradée. Les niveaux d’autorisations comme de mises en chantier restent très faibles, et les éventuels effets de reprises post-électorales et des mesures de relance ne sont pas encore suffisamment puissants pour enclencher un véritable changement de tendance. »
Ce constat rejoint les chiffres : 2026 amorce un mieux, mais part d’un niveau historiquement très bas après une année 2025 particulièrement sinistrée. La prudence reste donc de mise avant de pouvoir parler de sortie de crise.






